CHRISTIAN DIOR : COUTURIER DU RÊVE
MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN . TOKYO . JAPON
21 DECEMBRE – 28 MAI . 2023

Commissaire : Florence Müller

En écho à cette présentation (Dior Coloroma), une œuvre de l’artiste malgache Joël Andrianomearisoa est également présentée, composée de 1 000 foulards Dior, qui constitue un paysage poétique où le textile et la couleur sont utilisés comme langage universel.

© Studio Joël Andrianomearisoa

PERIPHERAL SUN
VIN VIN GALLERY . VIENNE . AUTRICHE
2022

Commissaire : Kami Gahiga

L’exposition présente les œuvres de quatre artistes : Joël Andrianomearisoa, Kapwani Kiwanga, Marin Majic et Maja Ruznic. Les artistes sélectionnés sont originaires des côtes orientales de l’Afrique et de la péninsule des Balkans, mais chacun d’entre eux a une approche distincte des aspects du nationalisme et n’a pas d’attachement central à une identité ou un pays spécifique. L’exposition explore comment la signification cartésienne et symbolique des frontières s’érode avec le déplacement et la migration. Les thèmes de la nostalgie, de l’entre-deux et de la mélancolie se manifestent dans les œuvres de chacun des artistes à travers une multiplicité de médias : peinture, installation, dessin et collage.

Peripheral Sun lance un débat sur la question de savoir à quelle boussole on se réfère lorsqu’on pense à l’Orient et reconnaît les différents pôles d’influence qui existent aujourd’hui.

La conception de l’exposition amène le spectateur à s’accoutumer à des points de vue alternatifs sans s’appuyer sur un parcours linéaire spécifique, créant ainsi un réseau ouvert d’échanges sans trajectoire fixe.

© Vin Vin Gallery

L’élégante précision et la simplicité que l’on retrouve dans l’œuvre d’Andrianomearisoa se retrouvent dans sa structure tridimensionnelle Maison Imaginaire, qui fait écho à la formation d’architecte de l’artiste par son engagement dans l’espace et l’environnement.

Maison Imaginaire (2021) est une maquette de la sculpture métallique monumentale d’Andrianomearisoa que l’artiste a été chargé de réaliser à Aigues-Mortes, en France. Sa structure flotte élégamment entre deux des tours historiques d’Aigues-Mortes. Les murs et le port fortifiés de la ville ont été construits au 13e siècle par le roi Louis IX afin d’établir une route commerciale vers l’Orient, et ont vu le départ des septième et huitième croisades occidentales.

La Maison Imaginaire d’Andrianomearisoa évoque le paradoxe des désirs humains : s’enraciner dans les structures construites tout en désirant s’échapper, briser les murs et les barrières. Robuste à première vue étant donné sa composition en acier, elle est simultanément fragile, ambiguë et ouverte.

Étoffe des Songes (2016) est un diptyque en noir et blanc qui reflète la fascination de l’artiste pour les qualités malléables des textiles qu’il décline à travers la superposition de différentes nuances de noir et de blanc. Madagascar abrite certains des plus beaux centres de production de soie et de tissus. Le diptyque démontre également la recherche d’Andrianomearisoa sur les éléments contrastés et la dualité. À une échelle physique plus petite mais avec une résonance égale, on trouve ses dessins Soratra (2022), qui fusionnent les préoccupations de ses projets antérieurs et son installation I Have Forgotten the Night, présentée à la Biennale de Venise. Celle-ci comprend une série de 8 diptyques représentant des textes et des poèmes écrits en malgache, en français et en anglais, réalisés spécifiquement pour Peripheral Sun. Les soudures de contrastes d’Andrianomearisoa capturent le jeu équilibré d’éléments opposés.

Kami Gahiga

UBUNTU, UN RÊVE LUCIDE
PALAIS DE TOKYO . PARIS . FRANCE
2021

Commissaire : Marie-Ann Yemsi

L’exposition propose d’investir l’Ubuntu, un espace encore infréquenté de nos imaginaires et de nos connaissances. Complexe à traduire dans les langues occidentales, le sens de ce terme, issu des langues Bantous du Sud de l’Afrique, conjugue les notions d’humanité, de collectif et d’hospitalité et peut être interprété ainsi : « Je suis parce que nous sommes ». Cette exigence    « d’une humanité dans la réciprocité » convoquée par la pensée Ubuntu constitue l’un des apports essentiels des philosophies africaines largement méconnues. Cette notion, dans ses dimensions philosophiques et spirituelles, peut être considérée comme l’une des rares caractéristiques des sociétés africaines à avoir survécu aux six cents ans d’esclavagisme, de colonialisme et d’impéralisme de toutes natures qui ont déstabilisé les sociétés et sapé les cadres traditionnels de la transmission des savoirs. Enracinée dans de nombreuses langues et cultures africaines, la pensée Ubuntu reste agissante dans la conception de la place de l’individu dans sa communauté, mais également dans les liens entre les peuples, structurant une conscience et une vision du monde dans l’interdépendance de la relation.

Images : © Studio Joël Andrianomearisoa

Cette notion a ainsi irrigué la pensée des mouvements de libération dans les expériences post-coloniales africaines des années 1960, nourrissant par exemple les aspirations à la construction d’un socialisme africain ou l’idée d’un panafricanisme politique. Cette pensée jaillit dans les productions littéraires et poétiques contemporaines du continent et de ses diasporas, d’Aimé Césaire à Vumbi-Yoka Mudimbé, Edouard Glissant, Alain Mabanckou, Yanick Lahens ou Léonora Miano pour ne citer que quelques auteur·trice·s d’expression francophone parmi tant d’autres. Dans la création musicale, Fela Kuti ou Mariam Makeba restent des porte-voix légendaires de cette pensée de l’unité dans la rencontre. Parce que l’Ubuntu symbolise le lien tissé entre tous les hommes, il a été employé et largement popularisé par Nelson Mandela pour dépeindre un idéal de société opposé à la ségrégation durant l’Apartheid puis pour promouvoir la réconciliation nationale en Afrique du Sud.

Mais les réalités contemporaines nous informent aussi de la mise en déroute de l’esprit d’Ubuntu à la lueur des ratés politiques, des conflits sanglants, et des violences en particulier envers les communautés LGBTQI+ et les femmes. Pourtant, la philosophie de l’Ubuntu est actuellement ré-investie par des intellectuels, des activistes et des producteurs dans tous les champs de la création contemporaine au travers des dynamiques nouvelles de réassemblage des pensées et des imaginaires qui traversent tous les continents. Dans un monde devenu incertain, en perte de sens, replié dans des crispations identitaires et peuplé de violences, cette pensée philosophique n’est pas une idéalité abstraite. L’Ubuntu ou la question de « faire humanité ensemble et humaniser le monde» selon l’expression du philosophe Souleymane Bachir Diagne se pose avec force et s’installe au cœur des revendications et des débats sociétaux, politiques, économiques, culturels et écologiques.

L’exposition entend témoigner de ces dynamiques de recomposition du monde peuplées de rêves lucides et réunit les propositions d’une vingtaine d’artistes dont les oeuvres entrent en résonance avec la philosophie Ubuntu et cherchent à aborder cette pensée de l’action et de la relation comme une ressource, un espace d’invention, de fiction ou de médiation du monde réel.

Imaginée comme un espace polyphonique, l’exposition permet aux artistes de tisser des liens subtils entre la forme et leurs idées à partir de sujets, de points de vue et de positions multiples. La revendication d’une «décloison du monde et de montée en humanité »2 ouvre aux critiques des conceptions figées et réductrices de l’identité comme à une déconstruction de l’univocité des récits historiques et du concept occidental de modernité, attestant de la volonté des artistes de représenter des espaces de ruptures idéologiques. Leur mise en lumière de certaines questions les plus urgentes de notre époque telles que la répartition inégale des richesses et des pouvoirs, les crises migratoires et les processus de territorialisation, la colonisation des territoires et des corps, les situations d’oppression, la transformation de nos rapports à la nature participe à un processus de déprise et convoque en filigrane un esprit de résistance.

Le parti a été pris de réunir des artistes susceptibles d’avoir des points de vues et des perspectives critiques. Ces créateurs produisent avec toutes les cultures qui les habitent et à partir d’une expérience souvent double, parfois heurtée, de migration ou de transfert. L’exposition entend déjouer les enfermements géographiques et ne considérer qu’un espace : celui des réflexions proposées par les artistes au travers de récits subjectifs et d’œuvres susceptibles de métamorphoser nos imaginaires et de contribuer à une nouvelle intelligibité du monde.

L’exposition sera « Ubuntu » dans sa conception et entend faire de l’aventure artistique l’expression d’un partage, par la possibilité d’un « en-commun ». En son centre, un vaste espace dédié au projet de l’artiste Kudzanai Chiurai ouvre à d’autres dimensions d’échange, de découverte et de production de savoir, qu’elles soient discursives, performatives ou musicales, construites collectivement sur une scène commune de partage et d’engagement.

 

SIGNS OF TIMES
APALAZZO GALLERY . BRESCIA . ITALIE
2021

Commissaire : Jérôme Sans

Les récents événements qui ont plongé le monde dans un état d’incertitude globale témoignent que la vérité universelle n’existe pas. Notre modèle sociétal, qui semblait faire l’unanimité, s’avère être un échiquier fragile qui peut être ébranlé à tout moment. Si, après la crise pandémique, le monde semble avoir repris son cours habituel et son apparence d’antan, le fond de la pensée de chacun a inévitablement changé ; les signes ont eux aussi évolué. Ce n’est plus l’individu qui construit son environnement mais l’environnement qui nous définit en tant qu’êtres humains.

© Melania Dalle Grave . DSL Studio  © Studio Joël Andrianomearisoa

L’exposition Signs of The Times entend mettre en perspective le territoire de ces questionnements pluriels. Comment décrypter et s’approprier dès à présent les nouveaux signes émis par notre environnement sous cet horizon incertain ? Alors que la collision entre notre civilisation et les limites imposées par la nature devient de plus en plus visible, comment concilier la légèreté des plaisirs simples du moment présent avec la conscience globale de notre époque ?

En faisant preuve d’esprit critique, les artistes réunis dans cette exposition abordent avec une imagination radicale ces questions existentielles, politiques et sociétales qui animent notre expérience du monde actuel. Sous le signe du mirage mais aussi de la sémantique et du pouvoir de reproduction à l’infini, l’exposition propose des univers multiples flirtant de manière décomplexée avec l’angoisse d’un avenir incertain. Au-delà de leur pouvoir expressif immédiat, les œuvres abordent de manière sous-jacente certaines de nos problématiques actuelles les plus pressantes : le réchauffement climatique, la réécriture de l’histoire, les défis de la jeune génération face à une société consumériste, l’injonction à produire de la valeur, le déferlement de messages d’information, l’individualisme débridé… S’il ne s’agit pas ici de donner des solutions ou des réponses à ces problèmes, les œuvres abordent de manière frontale cette mutation des signes en cours. Et, dans notre monde d’images, elles sont, de fait, une force agissante.

CHRISTIAN DIOR, COUTURIER DU RÊVE
M7 . DOHA . QATAR
2021

Commissaire : Olivier Gabet

Pour la première fois au Moyen-Orient, la maison Dior dévoile une rétrospective dédiée à son héritage unique.
À la suite du musée des Arts décoratifs à Paris et de plusieurs musées prestigieux à travers le monde, de Londres à New York1, le M7 à Doha accueille l’exposition Christian Dior: Designer of Dreams du 6 novembre au 31 mars 2022, un événement Dior inédit dans la région du Moyen-Orient. Rythmée par un nouveau récit scénographique, cette rétrospective qui se réinvente sous le commissariat d’Olivier Gabet – Directeur du musée des Arts décoratifs, à Paris -, célèbre plus de soixante-dix ans de passion créative, ponctués de merveilleuses découvertes, de l’iconique 30, avenue Montaigne à la somptuosité de Versailles, en passant par des jardins enchantés.

© Thomas Chené . © Nelson Garrido

Se dévoilent tour à tour des modèles haute couture d’hier à aujourd’hui, imaginés par Christian Dior et par les différents Directeurs Artistiques qui lui ont succédé – Yves Saint Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons et Maria Grazia Chiuri – ainsi qu’une sélection d’oeuvres et d’objets provenant des collections du musée des Arts décoratifs de Paris. Perpétuant l’esprit visionnaire de Christian Dior, se révèlent aussi les icônes, à l’instar des sacs Lady Dior réinterprétés lors du projet Dior Lady Art, reflets singuliers de l’histoire de la Maison.

THE BLACK ERA
PRIMO MARELLA GALLERY . MILAN . ITALIE
2021

Cette exposition monumentale est un dialogue entre cinq artistes, certains africains et d’autres afro-américains, centré sur l’utilisation de la noirceur comme allusion à un modèle artistique anticipatif capable de détruire les modèles. Par l’extrémisme de leurs pratiques artistiques, ils subvertissent le système et ouvrent de nouvelles directions pour l’avenir de l’art. Pour Joël Andrianomearisoa les couleurs prennent une valeur symbolique ( » le blanc est la présence, le noir est le mystère « ), les nuances de noir sont l’expression d’une polyphonie qui loin d’être minimaliste, véhicule des émotions, un plaisir esthétique, un sentiment de fragilité et de mystère.

« J’ai oublié la nuit dans l’attente du 7e jour qui nous réunira le temps d’une rencontre ou pour toujours … baiser blanc pour les désirs noirs » . Joël Andrianomearisoa

© Greta Belintende

VOYAGES IMMOBILES . LE GRAND TOUR . DIPTYQUE
POSTE DU LOUVRE . PARIS . FRANCE
2021

Commissaire : Jérôme Sans

À l’occasion de son 60e anniversaire, Diptyque présente sa première exposition artistique à Paris.  » Voyages immobiles . Le Grand Tour  » est un voyage à travers cinq escales qui ont inspiré les fondateurs de la marque. Neuf artistes multidisciplinaires de renommée internationale revisitent la France, l’Italie, la Grèce, le Japon et le Liban dans des œuvres créées exclusivement pour l’exposition.
La proposition de Joël Andrianomearisoa prend la forme d’une installation en papier de soie faisant partie de la série Labyrinthe des passions nommée Time after time.

© Florian Kleinefenn

SOCLE DU MONDE
HEART MUSEUM OF CONTEMPORARY ART . HERNING . DANEMARK
2021

Commissaires : Olivier Varenne . Jean-Hubert Martin . Daniel Birnbaum and Maria Finders

L’amour n’est rien sans le sentiment, et le sentiment encore moins sans l’amour. Telle est la pensée qui sous-tend l’approche d’Andrianomearisoa quand il explore l’expérience émotionnelle complexe qui est traduite dans ses œuvres. La chaleur et la sincérité sont confrontées à un froid fragile, un monde isolé de mélancolie et d’insécurité qui invite aussi à la tendresse et à l’émerveillement. L’art d’Andrianomearisoa révèle des échos de libération et de captivité géographique et spatiale. Ici, les contraintes spatiales permettent aussi une marge de liberté symbolique, promulguée par les positions adoptées par l’œuvre et le spectateur. Des bords nets et de la lumière brillante voire aveuglante  créent des ombres et des reflets qui évoquent une architecture urbaine métropolitaine brutale, tandis que des matières douces et des formes vivantes suggèrent la vie, les émotions et la liberté. Une expérience sensuelle du cadre de la ville et de la vie qui respire en son sein.

 

REVUE NOIRE . UNE HISTOIRE D’ARTS CONTEMPORAINS AFRICAINS 2021
MUSÉE LES ABATTOIRS . TOULOUSE . FRANCE
2021

Commissaires : Jean Loup Pivin . Pascal Martin Saint Leon et Annabelle Ténèze

Dans les années 1990, Revue Noire, bien plus qu’une publication, fut révélatrice d’une culture dynamique urbaine en Afrique. L’exposition revient sur cette manière nouvelle d’écrire et de faire découvrir les différentes formes de création contemporaine de ce continent. En 1990 paraît le premier numéro de Revue Noire. Pendant plus de dix ans et avec un financement essentiellement personnel, cette publication a proposé un travail inédit de recherches et de diffusion des expressions artistiques africaines. De 1991 à 2000, ce trimestriel révèle, en 35 numéros, pays par pays, une représentation artistique jusque-là peu vue et quasiment pas reproduite, la volonté étant de rendre compte de la modernité urbaine et de la créativité du continent africain et de la diaspora dans sa diversité. La revue sillonne l’Afrique et la plupart des continents qui lui sont liés, et consacre des numéros au Sénégal, au Bénin, comme aux Caraïbes ou à l’Océan Indien. Elle s’attache à montrer des formes d’expressions aussi larges que les arts plastiques, la mode, la littérature, le cinéma, mais aussi la photographie, le design, la danse, ou encore la musique et la cuisine. Outil d’information, la revue est aussi un objet artistique. Le choix est celui d’une édition grand format, en couleurs, laissant une grande place à l’image et à la photographie. 

© Studio Joël Andrianomearisoa

L’exposition revient sur cette manière nouvelle d’écrire et de faire découvrir les différentes formes de création contemporaine en Afrique. Afin de comprendre l’activité de recherche et le processus de réalisation de cette revue d’art, l’exposition comprend une sélection d’une trentaine d’œuvres d’art qui ont été reproduites dans certains numéros. Elle fait également la part belle à la photographie avec un panorama de près de trois cents photos d’une trentaine de photographes africains historiques et contemporains, soulignant combien Revue Noire, loin d’une simple approche ethnographique de l’image, a permis de mettre des noms sur une histoire particulière et des artistes. La présentation donne aussi un aperçu de la manière dont certains sujets tabous furent abordés, notamment le Sida, dans des vidéos. Bien plus qu’une publication, Revue Noire fut donc révélatrice d’une culture dynamique en Afrique et a joué un rôle déterminant dans la légitimation des artistes africains dans le monde de l’art international, reconnus désormais comme artistes, avant même d’être ‘artistes africains’. Les créations de Joel Andrianomearisoa et Pascale Marthine Tayou montrent aussi en retour comment les artistes se sont emparés de l’histoire de Revue Noire, aujourd’hui partagée par tous et toutes.

Annabelle Ténèze . Directrice des Abattoirs – Musée Frac Occitanie

CE QUI RESTE ET CE QUI S’OUBLIE
MUSÉE DE L’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION . PARIS . FRANCE
2021

Commissaires : Meriem Berrada et Isabelle Renard

Née de la collaboration entre le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) de Marrakech et le Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris, l’exposition Ce qui s’oublie et ce qui reste explore la notion de transmission à travers les œuvres de dix-huit artistes du continent africain et de ses diasporas.
À l’heure du règne de la communication, de l’information en continu, des réseaux sociaux mais aussi de l’individualisme, qu’en est-il de la transmission ? Qu’en est-il de ce geste destiné à confier à une autre génération une mémoire, collecte de souvenirs personnels, de tranches de vie construites ici et ailleurs ? 

© Studio Joël Andrianomearisoa

Au-delà des traditions et rituels, de la passation intergénérationnelle de savoirs et savoir-faire, quels sont les modes de diffusion linguistiques, politiques, spirituelles et sociales qui façonnent notre vision du monde et qui nous construisent ?
Des récits intimes à une perspective historique large, l’exposition Ce qui s’oublie et ce qui reste associe héritages et circulations et aborde les questions de frontières et de migrations, de liens entre générations, d’histoire et de mémoire de part et d’autre de la Méditerranée et au sein du continent africain. Peintures, tissages, sculptures, vidéos, installations, performances, parmi lesquelles des commandes réalisées auprès d’artistes représentatifs de la vitalité de l’art africain, s’attachent autant aux échanges qu’aux ruptures, à ce qui est oublié, omis, rendu invisible.
À rebours des représentations colorées d’une supposée production artistique africaine, Ce qui s’oublie et ce qui reste, oscillant entre continuité et points de rupture, souhaite tordre les clichés d’une identité visuelle associée au continent. Loin de construire un ensemble uniforme, les récits visuels des artistes se révèlent dans toutes leurs spécificités, facettes et complexité. 

“ à la mémoire de tous 

de la nostalgie 

de l’histoire 

à la diversité 

du présent 

in memory of all 

d’un récit 

d’une époque 

aux horizons 

multiples 

à la mémoire de tout 

des émotions 

oubliées 

à la certitude 

d’un bel avenir ” – Joël andrianomearisoa

THE LABYRINTH OF PASSIONS . LOEWE CRAFT PRIZE
MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS . PARIS . FRANCE
2020

Le but du Loewe foundation Craft Prize est de reconnaître et d’accompagner des artisans internationaux de tous les âges et de tous les genres qui ont révélé un talent exceptionnel pour la création d’objets de valeur esthétique supérieure. En identifiant le travail qui réinterprète des connaissances existantes pour les rendre pertinentes aujourd’hui, tout en reflétant le langage personnel et la marque distinctive du créateur, la Loewe Foundation entend souligner la contribution permanente de l’artisanat à notre culture actuelle.

Inspirée par les thèmes de l’amour et de la perte présents dans l’œuvre De Profundis d’Oscar Wilde, cette grande sculpture murale de Joël Andrianomearisoa paraît presque fantomatique. Des bandes de papier de soie noir méticuleusement attachées par le bord semblent danser et refléter la lumière malgré leur noirceur.

Le lien vers l’exposition numérique.

ALMOST HOME
GALERIE RX . PARIS . FRANCE
2019

Commissaire : Joël Andrianomearisoa

© Studio Joël Andrianomearisoa

RACING THE GALAXY
ASTANA ART SHOW . KAZAKHSTAN
2019

Commissaires : Jérôme Sans et Dina Baitassova

Racing the Galaxy rassemble 20 artistes de 15 pays qui s’enrichissent mutuellement et créent un nouveau dialogue interculturel.
L’exposition examine la dissolution progressive des dichotomies entre Est et Ouest à l’ère de la communication globale et de la confrontation et la fusion des cultures. Elle fait référence à l’idée que les formes artistiques se déplacent, s’entremêlent et s’enrichissent d’un continent à l’autre. Construite autour des concepts d’instabilité, de changement et de mutation, Racing the Galaxy réunit  des expériences, des territoires, des continents et des gens. Elle révèle l’ambivalence d’artistes migrants et de voyageurs immobiles, qui se trouvent toujours entre différents états et positions.

Fait de papier de soie ou de lamba – un tissu universel utilisé à Madagascar pour fabriquer les habits et parfois les linceuls des morts, The Labyrinth of Passions, une série iconique de l’artiste, est une métaphore pour la fragilité considérée comme force vitale essentielle. Sa superposition de divers papiers de soie dans l’espace crée également la solidité architecturale de l’œuvre. Le noir devient une ‘étoffe émotionnelle’ avec ses nuances illimitées. Andrianomearisoa se focalise sur l’intimité et la fragilité pour cartographier les pensées, les émotions et les réalités sociales dans des milieux flatteurs et trompeurs. Ses matières sont crues, mais également délicieusement délicates, presque au point de se briser dans le chaos de l’expérience.

 

 

A BEAST, A GOD AND A LINE
KUNSTHALL TRONDHEIM . TRONDHEIM . NORVÈGE . 2019
DHAKA ART SUMMIT . BANGLADESH . 2018
MUSÉE D’ART MODERNE . VARSOVIE . POLOGNE . 2018

Commissaire : Cosmin Costinas

A beast, a god, and a line questionne la manière dont nous devrions négocier un terrain d’entente dans le contexte de la fragmentation politique et idéologique globale évoquée ci-dessus. Comment des positions qui revendiquent des généalogies disparates et conflictuelles peuvent-elles se côtoyer dans un espace d’exposition partagé ? Les textiles constituent une ligne directrice ténue qui tisse diverses couches entrecroisées et différents aspects de cette exposition. Matériau et langage communs à différents espaces culturels, les textiles ont également une histoire solidement ancrée dans l’art, et sont des sites possibles pour des processus historiographiques parallèles. En outre, les textiles occupent une position différente dans la négociation des relations avec les lieux et les contextes, d’une manière qui échappe à l’agence individuelle des artistes.

L’exposition est organisée par Para Site, Hong Kong. Elle a été présentée au Dhaka Art Summit, Dhaka, au Musée d’art moderne, Varsovie, ainsi qu’au Secrétariat (Pyinsa Rasa/TS1), Yangon, tout au long de 2018, et précédemment au Kunsthall Trondheim, Norvège, en 2019.

© Aage A. Mikalsen . Kunsthall Trondheim © Daniel Chrobak

HELLO WORLD
HAMBURGUER BAHNHOF . BERLIN . ALLEMAGNE
2018

 Commissaires :  Udo Kittelmann avec Sven Beckstette, Daniela Bystron, Jenny Dirksen, Anna-Catharina Gebbers, Gabriele Knapstein, Melanie Roumiguière et Nina Schallenberg pour la Nationalgalerie – Staatliche Museen zu Berlin, avec la contribution des commissaires invités Zdenka Badovinac, Eugen Blume, Clémentine Deliss, Natasha Ginwala et Azu Nwagbogu.

Hello World. Revising a Collection (Bonjour le monde. La révision d’une collection) est une étude critique de la collection de la Nationalgalerie et ses tendances essentiellement occidentales. A quoi pourrait ressembler la collection aujourd’hui? […] Au lieu de présenter un développement linéaire de l’histoire de l’art au 20e et au 21e siècle, certaines œuvres de la collection forment les points de départ de treize récits, qui vont de la reconstitution de vestiges historiques, à l’entrelacement associatif de lignes de pensées et de mondes picturaux.
Bien qu’il y ait eu de nombreuses connexions entre des artistes de différents pays Africains et l’Allemagne, ainsi qu’au sein du monde artistique allemand, la collection de la Nationalgalerie ne présente guère d’œuvres d’artistes modernes ou contemporains liées à des pays ou à des thèmes du continent africain. Ce chapitre d’exposition ne peut donc pas être basé sur les fonds de la Nationalgalerie.

En conséquence, il examine un enjeu longtemps négligé par le public allemand, bien qu’il soit une préoccupation urgente que les artistes n’ont jamais oubliée: l’histoire violente du colonialisme allemand et européen qui lie intimement les passés des deux continents. Ses conséquences continuent à informer le présent. Quatre artistes contemporains font la critique de leurs propres idées afin d’explorer les attitudes coloniales qui, aujourd’hui encore, restent profondément ancrées dans les esprits, ainsi que des stratégies alternatives d’émancipation. (…) Faisant allusion à des photographies du passé colonial, Joël Andrianomearisoa révèle la structure si puissante,mais néanmoins dangereuse qui fonde l’objectif de ‘civiliser’ l’autre.